Des groupes climatiques français appellent à des manifestations après que les flics ont perquisitionné les domiciles des militants
Un représentant des Soulèvements de la Terre s’est entretenu avec Socialist Worker
Des groupes environnementaux d’action directe et d’autres ont appelé à des manifestations dans toute la France mercredi soir après que la police a attaqué des militants.
Des gendarmes et des agents de la sous-direction antiterroriste (SDAT) ont perquisitionné lundi des domiciles dans plusieurs régions du pays et arrêté une quinzaine de personnes. Ils font face à des accusations de « destruction organisée » et d' »association de malfaiteurs » prétendument liées à une « action de désobéissance » en décembre 2022 dans une cimenterie Lafarge.
Elle a vu 200 personnes envahir l’usine de Bouc-Bel-Air dans le sud de la France. Selon l’organisation Soulèvements de la Terre (SDLT), « Dans une ambiance déterminée et joyeuse, les infrastructures de l’usine du cimentier pollueur ont été attaquées par tous les moyens. Cela comprenait « le sabotage de l’incinérateur et des appareils électriques, des câbles sectionnés, des sacs de ciment déchirés, des véhicules et des engins de chantier endommagés, des fenêtres de bureaux endommagées, des murs repeints avec des tags ».
Lafarge-Holcim est l’un des plus grands producteurs de CO2 du pays. SDLT déclare : « Ici à Bouc-Bel-Air, les fours qui étaient visés, longtemps alimentés par les déchets industriels et les pneus, sont aujourd’hui le symbole du greenwashing. La pollution de l’air est considérable et a été maintes fois dénoncée par l’ensemble de la presse et des riverains. Cependant, les cheminées crachent toujours leur venin.
L’État est maintenant prêt à se venger de l’action. Mais il intensifie également l’intimidation alors que les dirigeants syndicaux annulent de nouvelles mobilisations sur les retraites qui ont à plusieurs reprises mis des millions de personnes à la rue. Mercredi, 900 000 personnes ont rejoint une nouvelle journée de mobilisation selon les syndicats.
L’échelle de résistance reste très élevée. Mais Laurent Berger, leader de la plus grande fédération syndicale, la CFDT, a déclaré qu’il s’agissait « de la dernière manifestation sur la question des retraites dans ce format ».
Un porte-parole du SDAT a déclaré à Socialist Worker : « Assimiler l’utilisation légitime de pinces coupantes, de masses et de clés à molette au terrorisme est inacceptable. Les centrales à béton sont des armes de destruction de la biodiversité. Ce sont des bombes climatiques à retardement. Il est donc plus que jamais légitime et nécessaire de les désarmer.
SDLT a appelé à une action de masse dimanche dans une autre usine Lafarge près de la ville de Nantes. L’État se mobilisera aussi. En mars, des flics ont grièvement blessé deux manifestants et les ont laissés « suspendus entre la vie et la mort » lors d’une autre manifestation du SDLT à Sainte-Soline, dans l’ouest de la France.
Face à 30 000 manifestants, les flics ont tiré près de 4 000 grenades explosives en moins de deux heures, soit une toutes les deux secondes. L’État a mobilisé 3 200 policiers et envoyé des hélicoptères, des forces montées, des canons à eau, des camions pour encercler un chantier de construction contesté.
L’État a alors menacé d’interdire le SDLT. Mais, face à une vague de solidarité, il a fait marche arrière pour l’instant. La lutte pour la justice environnementale est liée aux batailles pour le niveau de vie de la classe ouvrière, à la démocratie et à la répression policière qui ont émergé lors de la révolte des retraites. Toutes ces luttes doivent être menées ensemble.
