Discours d'un roi : un écran de fumée rhétorique cache une promesse de rien

Discours d'un roi : un écran de fumée rhétorique cache une promesse de rien

Starmer s'accroche à son poste alors que les appels à sa démission se multiplient (Photo : Numéro 10/Flickr)

Le discours du roi de mercredi comportait une sacrée introduction.

« Depuis deux décennies, notre pays a été secoué crise après crise – le krach financier de 2008, l’austérité conservatrice qui a suivi, le Brexit, le Covid et la guerre en Ukraine », peut-on lire.

« Dans chaque cas, la réponse a toujours été une tentative désespérée de revenir au statu quo, même si ce même statu quo en avait fait payer le prix à plusieurs reprises aux travailleurs. »

Socialist Worker ne travaillait pas au noir pour le gouvernement travailliste.

C'était l'introduction de Keir Starmer au discours du roi, dans lequel le gouvernement travailliste expose ses projets législatifs pour l'année à venir.

Si seulement il avait été en mesure de faire quelque chose ? Il ne l’a pas fait – et il ne le fera pas si l’on regarde ce que les travaillistes proposent réellement dans le discours du roi.

Ce discours est intervenu alors que Starmer tentait de s'accrocher au milieu des appels croissants à sa démission de la part des députés travaillistes et des dirigeants syndicaux.

Cela survient après l'effondrement du parti travailliste lors des élections locales en Angleterre et des élections législatives galloises de la semaine dernière.

Deux textes législatifs clés ont repris les promesses faites par Starmer dans son discours désespéré de lundi.

  • Le Projet de loi sur l'industrie sidérurgique (nationalisation) donnera aux ministres le pouvoir de nationaliser la société British Steel, au bord de la faillite. Les travaillistes ont refusé de nationaliser l’aciérie de Scunthorpe, dans le Lincolnshire, de peur de contrarier les grandes entreprises en avril dernier. Il a alors permis à Reform UK de le déborder en matière de nationalisation – et sa promesse est trop petite, trop tard maintenant.
  • UN Projet de loi sur le partenariat européen permettra aux ministres d’accélérer les lois sur les accords de coopération avec l’Union européenne (UE). En émettant des bruits vaguement anti-Brexit, il espère en vain reconquérir les électeurs du Parti vert sans avoir à faire de promesses de gauche.

Starmer ne voudra peut-être pas taxer les riches pour payer les services publics, mais il y aura de l’argent pour les grandes entreprises.

  • Le Projet de loi sur la réglementation pour la croissance promet de « stimuler l’innovation ». Cela signifie de l’argent pour développer une « technologie de défense » – en d’autres termes, des moyens de destruction et de mort – et des navires contrôlés par l’IA.
  • UN Projet de loi sur l'aviation civile facilitera l’expansion des aéroports grâce à de nouveaux pouvoirs en matière de créneaux de décollage et d’atterrissage.

Il y avait une petite carotte pour les gens de la classe ouvrière…

  • UN Projet de loi sur le renouvellement du logement social exempterait les logements sociaux nouvellement construits en Angleterre du droit d'achat pendant 35 ans.
  • Un Facture de prélèvement sur les générateurs d'électricité augmenterait légèrement l’impôt prélevé sur les « bénéfices excédentaires » des entreprises qui produisent de l’électricité – mais pas sur les géants des services publics qui pillent nos comptes bancaires.

….mais il y a bien plus de bâton.

  • Le Projet de loi sur la modernisation des tribunaux fera adopter des plans visant à « réduire » le recours aux procès avec jury en Angleterre et au Pays de Galles.
  • Le Projet de loi sur l'immigration et l'asile facilitera la révocation du statut de réfugié.

Et, dans une posture impérialiste, le Projet de loi sur la lutte contre les menaces étatiques permettra au gouvernement d'« interdire » le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI). Ce qui n'est pas basé en Grande-Bretagne.

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