A crowd shot of a march against racism in Paris on 14 July illustrating an article about Macron crisis

Le président français Emmanuel Macron veut maintenir un gouvernement pro-patronal

Le parti de gauche LFI a annoncé des manifestations « contre le coup d'État d'Emmanuel Macron » samedi

Une photo de foule lors d'une marche contre le racisme à Paris le 14 juillet illustrant un article sur la crise Macron

Le président français néolibéral Emmanuel Macron a déclenché une nouvelle crise profonde. Il a mis à mal la démocratie et refusé de nommer un gouvernement dirigé par la coalition de gauche du Nouveau Front populaire (NPF).

Le NPF a remporté le plus grand nombre de sièges aux élections parlementaires de juillet. Mais Macron insiste sur la nécessité d'un gouvernement ouvertement pro-patronal, même si les électeurs n'ont pas voté pour lui.

La Constitution française ne prévoit pas que le président doit nommer un Premier ministre issu du groupe ayant remporté le plus de sièges au Parlement. Mais jusqu'à présent, cela s'est toujours produit.

Pour se protéger, Macron a eu des entretiens avec les dirigeants du parti fasciste Rassemblement national. Ils ont déclaré qu'ils demanderaient immédiatement une motion de censure contre tout Premier ministre de gauche.

Mais Macron aurait pu ordonner à ses députés de ne pas soutenir un tel vote contre la candidate du NPF au poste de Premier ministre, Lucie Castets.

Manuel Bompard, coordinateur national du parti de gauche LFI, qui fait partie du NPF, a qualifié les actions d'Emmanuel Macron de « coup d'État antidémocratique ». Le chef de file de LFI, Jean-Luc Mélenchon, a déclaré que son parti présenterait une motion visant à destituer le président. Mais cela nécessite une majorité des deux tiers dans les deux chambres du Parlement et il est peu probable qu'elle soit adoptée.

Les médias français spéculent désormais que Mâcon pourrait nommer au poste de Premier ministre quelques personnalités du monde des affaires, dont le président de Renault, Jean-Dominique Senard, et Pascal Demurger, le patron de la compagnie d'assurance Maif.

La classe dirigeante française ne sait pas comment procéder. Il est difficile de réunir une coalition politique stable pour mettre en œuvre l'austérité, mais elle ne peut pas laisser l'incertitude perdurer.

Le NPF est lui aussi pris dans la logique de son pacte électoral avec Macron. Il a conclu un accord lors des élections de juillet pour aider ses candidats à gagner dans de nombreuses circonscriptions. Aujourd’hui, les dirigeants du NPF se plaignent que Macron mène à bien sa politique tout à fait prévisible.

Castets est une technocrate affable, proche du Parti socialiste, l'élément le plus à droite du NPF. L'idée de la mettre en avant était de paraître « raisonnable » et de ne pas contrarier les partis « modérés ».

Mais Macron ne soutiendra pas le programme de gauche le plus modéré. Il veut de l'argent pour l'armée, pas pour la protection sociale ou les services publics. Et il a promis aux patrons français une guerre contre le niveau de vie et les droits des travailleurs.

« Pour Emmanuel Macron et son équipe, il est tout simplement impensable de nommer un gouvernement qui remettrait en cause la « mère de toutes les réformes », celle des retraites », rapporte le journal Le Monde.

Pour surmonter ce blocage, il faut lutter, pas faire des manœuvres parlementaires. LFI propose désormais « que des marches pour le respect de la démocratie aient lieu ». Il faut une mobilisation massive, et une pression sur les directions syndicales pour qu’elles appellent à des débrayages.

Mais les élections ont eu lieu le 7 juillet. Mélenchon aurait pu appeler à des manifestations et à des grèves immédiatement après. Au lieu de cela, il a autorisé une « trêve » pour les Jeux olympiques et a laissé Macron poursuivre ses discussions sinueuses.

Mélenchon a ensuite reculé face à l'intransigeance de Macron et lui a demandé d'accepter un gouvernement Castets sans ministres LFI.

Tout cela emprisonne la gauche dans des combinaisons électorales stériles et l’éloigne des mobilisations militantes.

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