Une autre impasse sur le budget français
Le remplacement de Michel Barnier, François Bayrou fait face à un mouvement sans confiance, mais se tourne vers le Parti socialiste pour le soutien à mesure que la crise politique de la France s'approfondit

L'avenir du gouvernement français est en jeu. Le Premier ministre centriste François Bayrou oblige son budget sans vote parlementaire cette semaine.
L'histoire se répète. Cette décision intervient deux mois seulement après que le gouvernement de l'ailier droit Michel Barnier s'est effondré après avoir tenté d'utiliser le même mécanisme constitutionnel. Il a été rapidement renversé dans un mouvement sans confiance.
En juillet, les élections ont produit une impasse avec trois blocs majeurs dominant le Parlement – la NFP de l'alliance gauche, la RN fasciste et l'alliance de l'ensemble centriste de Macron.
Sans majorité parlementaire claire, Bayrou suit les traces de Barnier en utilisant l'article 49.3 autoritaire de la Constitution. La partie de gauche LFI, dirigée par Jean-Luc Melenchon, a déclaré qu'elle dénoncerait un mouvement de confiance à Bayrou pour mercredi prochain.
Le Parti communiste et les Verts soutiendront la motion de non-confiance, car ils s'opposent également au budget qui réduira les dépenses de 42 milliards de livres sterling.
Le motion de non-confiance a besoin du soutien du parti socialiste gauche du centre et du RN fasciste à passer. Mais le Parti socialiste est actuellement divisé, car Bayrou a tenté de faire des concessions à certaines de ses demandes.
Certains députés du Parti socialiste ont peur de voter pour un budget d'austérité. Mais d'autres reconnaissent les concessions qu'ils ont gagnées, comme un examen des réformes impopulaires de Macron, et ont peur d'une instabilité plus politique. Il reflète la lâcheté profonde du Parti socialiste – qu'il considérerait même un budget qui entraînera d'énormes réductions de dépenses.
Le RN de Marine Le Pen n'a pas officiellement déclaré sa position. Mais l'un de ses députés, Jean-Philippe Tanguy, a fait valoir que le budget était suffisamment mauvais pour être «pire que l'absence de budget».
Bayrou essaie actuellement de marcher sur une corde raide entre le SP et le RN. Le Premier ministre a récemment appelé les migrants «inondés» en France, empruntant la terminologie précédemment utilisée par les fascistes. Cela a conduit le Parti socialiste à rompre les pourparlers avec Bayrou la semaine dernière – bien qu'ils soient toujours à la recherche de concessions.
Si la motion de non-confiance passe, le budget sera rejeté et Bayrou démissionnera. Quoi qu'il arrive, les manœuvres en haut ne sont pas une voie à suivre pour la gauche. La gauche doit rompre cette méthode – et se tourner vers la résistance dans les rues et, surtout, les lieux de travail.
