Le gouvernement congolais ne parvient pas à contrôler l’épidémie d’Ebola

L'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC) devrait être la plus meurtrière de l'histoire selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Le directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus a annoncé cette semaine qu'« au rythme actuel », l'épidémie de 2026 dépassera les 11 325 décès de la précédente en 2014-2016.
L'OMS pensait pouvoir endiguer la propagation de la maladie d'ici trois mois, mais ce délai sera dépassé cette semaine.
Les autorités sanitaires ont également admis qu'elles pensaient désormais que l'épidémie avait commencé en février, soit trois mois plus tôt qu'on ne le pensait auparavant.
L'épidémie se propage « beaucoup plus rapidement » que les précédentes, selon le Centre américain de contrôle et de prévention des maladies, et ravage la province de l'Ituri, dans ce pays d'Afrique centrale.
À l’heure actuelle, il y a eu au moins 2 000 décès depuis que l’épidémie a été déclarée en mai. Les taux de mortalité s'élèvent à environ 40 pour cent, soit cinq fois le nombre de morts dans le même laps de temps lors des épidémies précédentes.
L’ampleur de l’épidémie double tous les 20 jours. Depuis le 20 juillet, l'épidémie est passée de 2 000 cas confirmés à 4 300.
Un médecin en RDC a déclaré au journal Telegraph : « Nous n'avons aucun contrôle sur les chaînes de transmission. »
Le nombre estimé de personnes exposées devrait s'élever à environ 134 000. La liste actuelle ne permet de tracer et de suivre qu’environ 13 pour cent de ce nombre, soit 17 558 personnes.
Il a été plus difficile de ralentir la propagation car l’épidémie est causée par une espèce rare du virus Ebola, appelée Bundibugyo. Cette souche n'a provoqué que deux épidémies connues auparavant et a été mal diagnostiquée au début de celle de cette année.
Il n’existe aucun vaccin ou médicament connu permettant de traiter cette variante.
Le directeur de l’OMS pour l’Afrique, le Dr Mohamed Janabi, déclare : « Nous poursuivons le virus, le virus est devant nous ».
Le gouvernement de la RDC a abandonné les communautés les plus durement touchées.
Mais en réponse aux échecs du gouvernement et à la désinformation massive, les travailleurs prennent les choses en main. Les chauffeurs de moto-taxis de tout le pays ont lancé leur propre campagne de sensibilisation.
En portant des T-shirts « Stop Ebola » et en diffusant des messages de santé publique, les chauffeurs espèrent enseigner aux gens comment prévenir la maladie. Des affiches de sensibilisation illustrées sont apposées à l'avant de leurs motos.
Un message des chauffeurs a été lu la semaine dernière à la mairie de Beni, une grande ville de la province de l'Ituri.
Il précise que les chauffeurs « visent à diffuser largement les messages de prévention, à renforcer la vigilance communautaire et à inviter l’ensemble de la population à adopter des comportements qui sauvent des vies ».
