Quel est le front uni contre le fascisme aujourd’hui ?
L’unité de la gauche sous la forme d’un front uni est essentielle pour écraser les fascistes

Le 7 août, alors que les fascistes menaçaient de sévir dans les communautés locales, des dizaines de milliers d’antiracistes sont descendus dans les rues pour les arrêter.
Les personnes impliquées dans la résistance étaient des socialistes révolutionnaires, des syndicalistes, des organisations religieuses, des membres du Parti travailliste, des membres du Parti vert, des groupes féministes, des groupes anarchistes, des ONG et des individus sans liens organisationnels.
Les gens étaient unis dans l'action, convenant que ce sont les travailleurs, et non les policiers ou les tribunaux, qui devaient se battre sur le terrain contre les voyous fascistes. C'est pourquoi Stand Up To Racism a appelé à des contre-manifestations dans toute la Grande-Bretagne.
C'était un exemple de la stratégie du front unique, lorsque les travailleurs, révolutionnaires et réformistes, s'unissent dans une lutte pour des objectifs définitifs.
Le 7 août, il s’agissait de repousser les fascistes, mais un front uni pouvait aussi consister à défendre les services publics ou à lutter contre les suppressions d’emplois.
L’objectif est avant tout de générer une action coordonnée autour de revendications immédiates.
Cela ne signifie pas un accord total : les fronts unis sont souvent un creuset de débats. Il ne s'agit pas d'une unité idéologique, mais d'une unité pratique pour la défense de la classe ouvrière, qui peut à son tour accroître la confiance et la combativité.
L’autodéfense contre une menace d’extrême droite émergente nécessite souvent un front uni, car sans action unie, les chances de réussite de l’autodéfense sont moindres.
Cela est évident lorsqu’on observe la montée des nazis dans les années 1930 – une montée qui n’était pas inévitable et à laquelle on aurait pu résister.
À l’époque, en Allemagne, il y avait le Parti social-démocrate (SDP), une énorme organisation réformiste comptant des millions de membres, et le Parti communiste, une organisation d’extrême gauche comptant 300 000 membres.
Ils auraient pu arrêter les nazis s'ils s'étaient coordonnés pour appeler les gens à descendre dans la rue et à s'opposer bec et ongles aux nazis. C'est ce que le révolutionnaire russe Léon Trotsky a appelé les communistes à faire : former un front uni avec les sociaux-démocrates contre le fascisme.
Au contraire, le Parti communiste considérait le SDP comme des « sociaux-fascistes », comme l’autre face de la médaille des nazis.
Les communistes voulaient que les gens rejoignent leur parti plutôt que d’agir comme un front uni avec le SDP.
Les dirigeants du SPD croyaient que le « caractère sacré » de la constitution allemande les sauverait.
Il n’y a pas eu d’action unie et cela a permis aux nazis de détruire les ailes réformiste et révolutionnaire de la gauche.
C'est en partie pour cette raison que les révolutionnaires luttent aujourd'hui pour obtenir le soutien des syndicats, des députés de gauche et des personnalités culturelles dans leur lutte contre le fasciste Tommy Robinson. Cela permet à un front uni de gagner un soutien plus large que si les révolutionnaires combattaient seuls.
Les révolutionnaires peuvent alors mobiliser davantage de travailleurs pour lutter à leurs côtés. Au sein du front uni, les courants réformistes et révolutionnaires s’engageront alors dans une bataille d’idées, ce qui permettra aux révolutionnaires de gagner une partie des travailleurs réformistes à la politique révolutionnaire.
Dans les années 1930, Trotsky décrivait le front uni comme l'union directe de deux partis politiques importants. Aujourd'hui, le front uni est plus large, il rassemble un plus grand nombre d'organisations, mais il agit néanmoins dans l'esprit de ce que Trotsky décrivait.
Cela ne signifie pas que les socialistes révolutionnaires cessent de se battre sur d'autres questions ou qu'ils se dissolvent complètement dans un front uni. Les forces en présence restent indépendantes, et les révolutionnaires sont toujours en mesure d'articuler une vision politique plus large.
La lutte contre le racisme est un domaine dans lequel un front uni est crucial. Les horreurs du capitalisme pour les travailleurs engendrent toujours le désespoir, et les dirigeants politiques n’ont pas de véritables réponses. Au lieu de cela, ils blâment les migrants et les réfugiés pour les défauts créés par le système capitaliste du profit.
Le racisme venu d’en haut, ainsi que le désespoir de la vie sous le capitalisme, peuvent alors permettre au fascisme de se développer.
Au lieu de permettre au racisme de nous diviser ou au fascisme de nous écraser, la classe ouvrière doit s’unir pour se défendre.
