Mère Courage tirant sa charrette à travers les zones d'amour, de perte et de guerre
Mère Courage et ses enfants de Bertolt Brecht a été écrit en 1939, alors que l'Europe se dirigeait vers la Seconde Guerre mondiale.
Bien que la pièce se déroule pendant la guerre de Trente Ans, dans les années 1600, sa véritable cible est le capitalisme moderne. le militarisme et la façon dont les gens sont forcés de survivre.
Brecht explore un élément central contradiction – Mère Courage dépend de la guerre pour elle moyens de subsistance, mais cette même guerre détruit tout ce qu'elle aime.
Brecht ne voulait pas que le théâtre soit un lieu où le public pleure, s'identifie aux personnages et reste ensuite inchangé.
Sa théorie du « théâtre dialectique » a été conçue pour amener le public à réfléchir de manière critique.
Au lieu de présenter la souffrance comme naturelle ou éternelle, Brecht a voulu montrer que le comportement humain est façonné par les conditions historiques et économiques. Plus important encore, il voulait montrer que ces conditions peuvent être modifiées.
Mère Courage parcourt la guerre pour vendre des marchandises aux soldats. Elle n’est ni une générale, ni une dirigeante, ni une riche profiteuse de guerre. Pourtant, elle fait toujours partie de l'économie de guerre
C’est ce qui rend la pièce si puissante : Brecht ne la présente pas comme une bonne ou une mauvaise. Elle souffre de la guerre, mais elle essaie aussi d'en tirer profit. Elle est à la fois victime et participante.
Cette contradiction est au cœur de la vision marxiste de Brecht. Marx soutenait que la vie et les choix des gens sont façonnés par les conditions matérielles : classe sociale, travail, propriété et survie économique. Mère Courage ne choisit pas librement dans un vide moral.
Si elle veut survivre, elle doit commercer avec les armées. Mais plus elle lie sa survie à la guerre, plus elle contribue à maintenir le système qui détruit sa famille.
Chacun de ses enfants est perdu à cause de la guerre. A travers leur mort, Brecht montre les contradictions d'une société régie par la guerre. Les mêmes actions peuvent être qualifiées d'héroïques ou de criminelles. La moralité est façonnée par les circonstances historiques.
Brecht montre que la moralité sous le capitalisme et la guerre est souvent hypocrite. Le système définit la « vertu » selon ses propres intérêts.
Mère Courage est pleine de contradictions. Lorsque son fils est capturé, elle négocie trop longtemps sur le prix à payer pour le sauver. Son désir de protéger son argent entre en conflit avec son désir de sauver son fils.
Brecht nous demande d'examiner les conditions sociales qui produisent de tels comportements.
La pauvreté oblige les gens à des calculs cruels. Le capitalisme transforme l'amour en négociation. Il veut que le public se demande pourquoi cela se produit ? À qui profite la guerre ?
À la fin de la pièce, après avoir perdu tous ses enfants, Mère Courage continue de tirer sa charrette. Ce n’est pas une endurance héroïque. C’est l’image troublante d’une personne piégée dans la logique qui a détruit sa vie.
Brecht n'offre ni confort ni fermeture. La pièce suggère que les stratégies de survie individuelles ne suffisent pas. Ce que nous devons changer, c’est le système social qui rend la guerre rentable et la pauvreté inévitable.
Pour Brecht, ce manque de changement est censé produire un changement chez le public. Mère Courage n'apprend pas, nous devons donc le faire.
- Mother Courage and Her Children est à l'affiche au Globe Theatre, 21 New Globe Walk, Londres SE1 9DT, jusqu'au 27 juin.
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