Le léopard est une leçon de préservation des classes dirigeantes
La nouvelle adaptation met à nu les mécanismes de la survie de l'ancienne classe de propriété foncière, mais supprime l'agence de la paysannerie et de la classe ouvrière

L'adaptation par Netflix du léopard respire une nouvelle vie dans le roman classique de Giuseppe Tomasi di Lampedusa. Il offre une représentation en couches et visuellement frappantes de la classe en Sicile du XIXe siècle.
La plus grande valeur du spectacle ne réside pas dans sa grandeur romantique, mais dans la façon dont il met à nu les mécanismes de la survie de l'ancienne classe de propriété foncière. Et il affiche les limites de la révolution libérale «bourgeoise».
En son cœur, le léopard reste une étude de la préservation des classes se faisant passer pour un progrès car il apporte des changements cosmétiques pour préserver son pouvoir.
Don Fabrizio, joué par une grande Kim Rossi Stuart, regarde son monde s'effondrer non pas en flammes mais en velours.
La série Netflix capture cette dynamique avec une clarté frappante. Il étend ce que le film du roman et de Luchino Visconti en 1963 a abordé – que les «progrès» historiques fonctionnent souvent comme un remaniement du pouvoir.
Surtout, la série amplifie davantage la dimension politique que le livre ou le film. Les scènes montrent des troubles paysans, des litiges terrestres et les alliances calculées entre l'aristocratie décolorante et la classe capitaliste émergente.
Le père d'Angelica, Don Calogero, n'est plus seulement un grimpeur social. Il est le capitalisme incarné. Il est ambitieux, axé sur les biens et a faim de légitimité. Le mariage de sa fille avec Tancredi n'est pas une romance – c'est une fusion de classe.
Ce qui distingue cette adaptation, c'est sa volonté de s'attarder sur l'inégalité structurelle sans le romanter. Don Fabrizio est représenté par la complexité – consacré au déclin de sa classe, mais ne voulant pas renoncer à sa domination.
Le spectacle permet aux téléspectateurs de le voir non seulement comme une figure tragique, mais aussi complice de gérer une contre-révolution de l'intérieur.
La série ne nous demande pas de pleurer pour l'aristocratie, mais d'étudier comment elle négocie sa survie.
Oui, les paysans et les classes ouvrières manquent encore d'agence dans le récit. Mais il y a des moments où l'adaptation Netflix fait des gestes vers leur pouvoir latent mais immense.
Il n'offre pas de révolution, mais il dramatise, peut-être plus clairement que jamais, pourquoi il est nécessaire. En fin de compte, la série nous rappelle que la classe dirigeante ne disparaît jamais tranquillement – elle s'adapte, absorbe et recommente. Mais en étudiant ses tactiques, nous pouvons mieux organiser le nôtre.
Cette série, pour toutes ses contradictions, aide à éclairer le chemin non emprunté – et celui non seulement possible mais absolument nécessaire.
- Le léopard est disponible sur Netflix
La banalité du mal dans Channel Crossing Novel
L'immigration, et en particulier des gens des petits bateaux, est devenu un problème de sifflet pour chaque parti politique de la réforme du Royaume-Uni au travail.
Dans ce climat, le philosophe français Vincent Delecroix a écrit une courte nouvelle, un petit bateau.
C'est devenu une intervention très discutée dans le débat.
Le petit bateau est un regard fictif sur les événements réels de novembre 2021. Une nuit particulière, des centaines de migrants sont partis de la côte française se dirigeant vers la Grande-Bretagne.
Et d'un dérivé malheureux, 27 hommes, femmes et enfants se sont noyés. Quelques mois auparavant, Nigel Farage avait appelé la Royal National Lifeboat Institution «un service de taxi pour l'immigration illégale».
Le narrateur à la première personne de Delecroix est une jeune femme anonyme, travaillant la nuit de la tragédie dans un centre de surveillance.
Malgré de nombreux appels à l'aide, elle dit à tort aux migrants que, comme ils étaient dans les eaux britanniques, ils doivent appeler les autorités britanniques à l'aide.
Grâce à l'écriture de Delecroix, nous endurons sa défense auto-justifiante, en jetant pour que les autres ne blâment.
La nouvelle de Delecroix, en tournant son regard vers les actions des garde-côtes françaises, pointe vers la culpabilité individuelle. C'est un récit choquant de la banalité du mal.
Tim O'Dell
