A crowd shot of a protest in France illustrating an article about French protests Macron

Des manifestants français réclament la destitution du président néolibéral Emmanuel Macron

Les fascistes sont à la fois faiseurs de rois et directeurs du gouvernement de droite

Une photo de la foule lors d'une manifestation en France illustrant un article sur les manifestations françaises Macron

Des dizaines de milliers de personnes ont participé samedi à environ 70 manifestations à travers la France appelant à la destitution du président néolibéral Emmanuel Macron.

Après deux mois de blocage depuis les élections de début juillet, Macron a nommé Michel Barnier Premier ministre. Il ne peut se maintenir à ce poste qu'avec le soutien du RN, le parti fasciste de Marine Le Pen et Jordan Bardella.

Les fascistes sont à la fois faiseurs de rois et directeurs du gouvernement. « Rien ne peut se faire sans le RN », a déclaré Bardella.

Les marches et rassemblements de samedi ont été organisés par le parti LFI de Jean-Luc Mélenchon. Ce parti fait partie du Nouveau Front populaire, qui a remporté le plus grand nombre de sièges, mais pas la majorité, aux élections. Macron a refusé de nommer son candidat Premier ministre.

Mélenchon a manifesté à Marseille et a déclaré : « Ce gouvernement est une union de perdants ». Il avait écrit plus tôt que c’était « l’heure des monstres ». Il a poursuivi : « La poubelle de l’histoire avait faim. Les perdants se sont alliés sous la direction de la force sortante. »

Barnier a annoncé qu'il annoncerait ce week-end la composition de son cabinet, qui sera composé d'un mélange de personnalités conservatrices de son parti et d'autres membres de l'alliance EPR de Macron.

L'objectif du gouvernement est d'imposer des coupes budgétaires et de durcir encore davantage la batterie de lois contre les migrants et les musulmans.

La nomination de la sénatrice conservatrice Laurence Garnier au poste de ministre de la Famille, par exemple, a suscité l'indignation. Cette dernière s'opposait à la fois au mariage pour tous et à l'inscription du droit à l'avortement dans la Constitution.

Mais les problèmes de Barnier vont bien au-delà de quelques ministres. Il n'est pas certain qu'il puisse faire passer un budget et il ne peut pas retarder les difficultés économiques. Il a prévenu que la situation budgétaire de la France était « très grave ». L'Union européenne néolibérale a placé la France sous procédure formelle pour violation de ses règles budgétaires.

Le président du Medef a réclamé un gouvernement « qui garantisse la poursuite de la politique de l'offre menée depuis l'arrivée de Macron au pouvoir ». Les entreprises veulent des baisses d'impôts pour les entreprises, davantage de recul sur l'âge de la retraite, une baisse des allocations chômage et la désignation des migrants comme boucs émissaires. Barnier va tenter de les concrétiser.

Les premières fuites budgétaires font état de coupes budgétaires d'au moins 8 milliards de livres dans les services essentiels. Mais il y aura davantage d'argent pour la guerre, les généraux et l'appareil répressif interne.

Au cours du mois prochain, Barnier va tenter d'attirer les fascistes vers son gouvernement tout en gardant à bord l'alliance avec Macron. À tout moment, le RN ou une partie de l'entourage de Macron pourrait décider qu'il est temps pour lui de partir. Et une nouvelle crise politique pourrait alors commencer.

À un moment donné, son règne a semblé si précaire que Barnier a fait savoir qu’il était prêt à démissionner. Mais Macron a réussi à le persuader de réessayer.

Des manifestations partout en France contre le coup d'État de Macron

Il est crucial que les salariés lancent une lutte indépendante. La CGT a appelé à des grèves et des manifestations le 1er octobre. Cela pourrait servir de base à la grève générale prolongée qui s'impose. Mais les dirigeants syndicaux n'ont pas prévu d'action plus symbolique.

La mobilisation des masses est urgente. Les pactes électoraux du Front populaire, qui promettaient de bloquer le RN, ont favorisé l’élection de partisans de Macron comme députés, ce qui a désormais donné du pouvoir aux fascistes.

Le parti LFI a déposé une motion au Parlement pour destituer Macron. Mais il n’a quasiment aucune chance de franchir tous les obstacles constitutionnels destinés à le bloquer. Cette focalisation a conduit le mouvement à se concentrer sur le Parlement.

Le 7 septembre, lors de la première vague de manifestations contre le coup d'Etat antidémocratique de Macron, plus de 300 000 personnes sont descendues dans les rues de plus de 150 villes. Les manifestations de samedi ont été moins nombreuses.

L'heure est à la révolte contre Marcon dans les rues et sur les lieux de travail, ainsi que dans les possessions coloniales de la France. En Martinique et en Nouvelle-Calédonie, de nouvelles vagues de lutte contre la pauvreté et contre le régime français se font jour.

La police française a abattu deux hommes à Kanaky jeudi, quelques jours avant un jour férié marquant l'annexion par la France de l'archipel du Pacifique.

L'alliance des partis politiques indépendantistes FLNKS a dénoncé ces décès comme des « méthodes barbares et humiliantes » utilisées par la police française aboutissant à une « exécution sommaire ».

Ces fusillades portent à 13 le nombre de morts en Kanak depuis le début des troubles en mai dernier suite aux modifications apportées par le gouvernement français à la loi électorale. Les autochtones kanaks ont déclaré que cette mesure compromettrait leur quête d'indépendance.

Le régime de Barnier est fragile, les travailleurs doivent donc passer à l’offensive. Partout en Europe, les fascistes se développent grâce à la crise, car la gauche est trop petite et trop timide. Il est urgent de se mobiliser contre l’austérité, contre le racisme et pour la Palestine.

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