Pourquoi les syndicalistes doivent défendre Just Stop Oil
Un juge a prononcé de lourdes peines de prison contre cinq sympathisants du JSO pour complot visant à provoquer une nuisance publique. Julie Forgan, membre du syndicat Unison, socialiste et militante pour le climat basée à York, affirme qu'il s'agit d'un combat pour les syndicats

Les syndicats devraient exprimer leur solidarité avec Just Stop Oil (JSO). Si le fait de penser à déranger les gens est un délit passible de cinq ans de prison, les syndicalistes devraient s’inquiéter.
Emprisonner des gens parce qu’ils pensent à bloquer des routes n’est qu’un pas de plus que de les emprisonner parce qu’ils pensent à former des piquets de grève.
Les médias de droite attaquent JSO et d’autres militants du climat pour la façon dont leurs actions dérangent le public.
C'est la même chose à chaque fois que nous sommes en grève : la presse s'intéresse aux usagers perturbés du transport ou aux patients qui n'ont pas pu se rendre à un rendez-vous.
Mais le véritable inconvénient pour la population sera le dérèglement climatique et la destruction des services publics, à moins que nous ne ripostions maintenant.
Nous devrions prendre davantage de mesures conjointement avec les militants du climat pour protéger notre planète et nos moyens de subsistance.
Les dirigeants de la société ne parviennent pas à agir, et les militants pour le climat continuent de tirer la sonnette d’alarme malgré les manquements de ceux qui sont au pouvoir.
La conférence COP sur le climat a protégé les intérêts des grandes entreprises et des sociétés de combustibles fossiles. Les gouvernements ont déclaré l’urgence climatique, puis sont revenus à la normale et ont étendu les licences d’exploitation des combustibles fossiles plutôt que de les supprimer.
Les militants écologistes ne sont pas les seuls à être victimes de la répression de l’État. On le voit déjà avec le traitement brutal infligé par la police aux étudiants dans les campements palestiniens. L’État veut criminaliser les étudiants qui appellent leurs universités à cesser de se rendre complices de l’armement d’Israël.
Nous devons défendre le droit de manifester. Le fait que vous puissiez désormais être emprisonné pour avoir planifié une manifestation est une attaque fondamentale contre notre capacité à nous organiser. Tout sujet sur lequel nous souhaitons nous exprimer pourrait devenir la cible d’un système policier et judiciaire autoritaire.
Alors que le capitalisme est confronté à une crise après l'autre, ses partisans cherchent à désigner des boucs émissaires et à blâmer les autres.—et finalement emprisonner ceux qui résistent.
Si nous laissons cela se produire, notre avenir s’annonce sombre. C’est une honte que le nouveau gouvernement travailliste n’abroge pas les lois anti-manifestations conservatrices qui attaquent notre droit de manifester.
Les syndicalistes doivent faire pression pour que ces lois soient abrogées, tout comme toutes les lois antisyndicales. Nous devons défendre le droit de manifester.

