Défendons le droit de manifester pour la Palestine et le climat
L'État condamnera cette semaine cinq manifestants de Just Stop Oil pour avoir prévu de manifester contre la catastrophe climatique

Une fois de plus, l’État réprime les manifestants pro-palestiniens. Lundi, deux militants ont manifesté devant le mémorial du Cénotaphe, dans le centre de Londres, brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Arrêtez d’armer Israël » et « Plus jamais pour personne ».
Ils ont tagué « 180 000 morts » sur le trottoir devant le mémorial. Une heure plus tard, la police est intervenue et les a arrêtés.
Ces arrestations ne sont pas le fruit d'un acte isolé, mais s'inscrivent dans le contexte d'une répression plus large des manifestations. Nous avons vu cette semaine le « tsar de l'extrémisme » du gouvernement, John Woodcock – le Lord Walney – diaboliser tous ceux qui soutiennent les droits des Palestiniens.
Dans une interview au journal The Guardian, Woodcock a affirmé qu’il existait un modèle d’intimidation « créé par des militants pro-palestiniens agressifs ».
Selon lui, les militants ont recours à l'intimidation comme « une stratégie électorale essentielle pour tenter de faire perdre des candidats ou de les contraindre à la soumission ». La vision de Woodcock est celle d'un monde où les politiciens sont complètement isolés de toute contestation. Il incarne l'arrogance de la classe dirigeante qui ne veut pas rendre de comptes publiquement.
Et il n’y a rien d’« extrême » dans le fait d’exiger que votre député s’oppose au génocide israélien.
Ce qui est intimidant, c’est que la police arrête des manifestants pour délit de pensée, avant même qu’ils n’aient agi.
L'État condamnera jeudi cinq manifestants de Just Stop Oil pour avoir prévu de protester contre la catastrophe climatique.
Les cinq hommes devaient perturber la M25 en escaladant les portiques de l'autoroute en novembre 2022. Le jury les a reconnus coupables après que le juge Christopher Hehir a supprimé toutes les défenses juridiques et a statué que la crise climatique n'était « pas pertinente » pour le procès.
Il a également indiqué qu'ils risquaient de lourdes peines de prison. Quatre des cinq personnes ont refusé de se conformer à la directive du juge de terminer leur témoignage sans expliquer leur décision. Le deuxième jour du procès, 11 personnes qui manifestaient à l'extérieur ont également été entendues pour outrage présumé.
C’est un scandale que des militants, dont le fondateur d’Extinction Rebellion, Roger Hallam, aient été reconnus coupables.
C'est un autre signe de la répression exercée par l'État contre les manifestants pour le climat et du recours à de nouvelles lois qui criminalisent les militants même s'ils n'ont pas mené d'action.
Nous devons tous défendre le droit de manifester et harceler les politiciens.
