Starmer divulgue ses politiques pro-patronales à l'occasion de la Journée internationale des travailleurs
Les syndicats devront se battre dès le premier jour d’un gouvernement travailliste

Le parti travailliste a choisi le 1er mai pour divulguer au Financial Times (FT), parti pro-patron, qu'il édulcorerait ses engagements en matière de droits des travailleurs.
Pour satisfaire les dirigeants syndicaux, le parti travailliste a déclaré qu'il allait introduire des réformes concernant la dernière série de lois antisyndicales limitant les « licenciements et réembauches ».
Keir Starmer avait déclaré aux chefs d’entreprises en février que le plan « ne plairait pas à tout le monde dans la salle ».
Mais, selon le FT mercredi, « en coulisses, les ministres fantômes ont discuté de la manière d’atténuer certaines promesses afin d’apaiser les réticences des employeurs alors que le parti tente de renforcer ses références en faveur des entreprises ».
Comme le note le journal, « cette décision risque de provoquer la colère de certains dirigeants syndicaux, mais elle plaira aux groupes d’entreprises, qui expriment de plus en plus leurs inquiétudes ». Un chef d’entreprise a déclaré qu’après plusieurs réunions avec le parti, ils étaient désormais « plutôt détendus » quant à ses projets.
Attention, il s’agit d’un avant-goût du gouvernement travailliste qui se plie aux riches et n’offre que les changements les plus fragiles aux travailleurs. Les syndicats devraient dénoncer toute tentative de freiner les promesses et exiger beaucoup plus.
Les syndicats devraient planifier dès maintenant une campagne de lutte dès le premier jour d’un gouvernement travailliste. Ils devraient lutter pour l’abolition de toutes les lois antisyndicales et pour l’abrogation des lois anti-manifestations des conservateurs. Les travailleurs ont besoin d’une augmentation de 10 pour cent dans le secteur public, d’une forte augmentation des allocations sociales et d’un programme d’urgence de construction de logements sociaux et bien plus encore.
Cela doit être lié à des exigences en matière d’action environnementale et à une réduction des dépenses militaires plutôt qu’à leur augmentation. Et le mouvement devrait exiger le retour de ceux qui ont été expulsés, leur indemnisation et l’octroi de pleins droits de citoyenneté, l’abrogation des lois racistes et la rupture de tout soutien à Israël.
Selon le FT, « De nombreuses politiques seront 'soumises à une consultation formelle avec les entreprises', ce qui permettra une dilution des promesses une fois mises en pratique et un risque de retard important ».
Il indique donc que les travaillistes « s’engageront toujours à accorder aux travailleurs des protections professionnelles de base dès le premier jour d’emploi ». Mais «les entreprises soumises aux plans révisés pourraient recourir à des périodes d'essai et le personnel pourrait toujours être licencié pour des 'raisons équitables'». Cela rendrait la promesse pratiquement sans valeur.
Les travailleurs et leurs syndicats ne devraient pas « donner une chance au Parti travailliste ». Ils devraient s’organiser pour riposter maintenant. Et ils devraient lancer la campagne alors même que les balayeurs nettoient les bouteilles de champagne à l’extérieur de Downing Street et que Starmer fait signe depuis les marches.

