Magonko gig in Glasgow

Le groupe de Glasgow propose une vision radicale de la communauté

Concert de Magonko à Glasgow "une démonstration en temps réel de la façon dont la participation crée un pouvoir collectif" (Photo : lovemusichateracism_glasgow sur Instagram)

Le collectif de Glasgow Makongo a lancé vendredi soir son nouvel album Passport au Glad Cafe de Glasgow, en partenariat avec Love Music Hate Racism (LMHR).

Passport est né de la montée effrayante de la politique d’extrême droite et de la rhétorique fatiguée de « stopper les bateaux ».

Ancré dans les thèmes de la migration et de la résistance, l'album offre une réponse chargée au bouc émissaire et à la violence du nationalisme tout en insistant sur la solidarité et la joie comme outils politiques.

La soirée a débuté avec un set apaisant d'Ace V!s!on, dont la performance axée sur la création parlée oscille entre rap et confession.

Ace a le contrôle total du public, il peut déplacer l'énergie du battage médiatique du dancefloor vers une réflexion tranquille en quelques secondes. Son énergie rebondit vraiment sur les amis avec lesquels il collabore sur scène, infectant toute la salle de chaleur et d'urgence.

Un acte difficile à suivre, mais Soul Level Collective est venu avec une énergie prononcée. Le collectif multiculturel apporte la fête, s'amusant parfois un peu trop avec la table d'harmonie, mais néanmoins il apporte de l'esprit, de l'unité et de l'énergie pure.

Leur set s’est terminé dans un indéniable sentiment d’unité qui a fait bouger la foule.

Après un discours puissant de Lorna du LMHR qui a mis la salle au point, Makongo est monté sur scène.

Avec dix membres issus de sept pays, leur diversité est immédiatement audible. Le groupe propose une fusion de sons et de genres : le hip-hop rencontre le funk, le jazz, les rythmes africains et les textures électroniques.

Alors que la version enregistrée de Passport est dense et superposée, le spectacle live donne à la salle de musique de respirer.

Plus grand, plus lâche et plus communautaire, Makongo embrasse les chants de foule dans des reprises improvisées, encourage les inconnus à se serrer dans les bras et à partager le micro et brise activement la barrière entre le groupe et le public.

C'est une démonstration en temps réel de la manière dont la participation crée un pouvoir collectif.

Du sitar d'ouverture envoûtant de « Nguzo » au chant mantra « tout est un, un est tout » dans « Rise up », le set de Makongo traverse les extrêmes sans se stabiliser.

Le feu de « Les Tambours » laisse place au calme choral de « Pessoas ». « Hustling n' Bustling » dresse un tableau saisissant de la vie contemporaine sous le capitalisme.

« Office Negro (Rainbow Corporation) » embrouille le multiculturalisme d'entreprise avec des voix rapides et des fioritures électroniques. Riche et profondément humain, le décor rit face à des thèmes lourds sans diluer leur impact.

En direct, Passport reflète les réalités auxquelles il s'adresse ; complexe, chaotique et parfois accablant.

Mais il est étayé par ce que propose Makongo, quelque chose de radical : une vision d’une communauté construite à travers une lutte, un mouvement et une joie partagés.

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